BRUXELLES / RankWire.AI / – L' Union européenne prépare des restrictions à l'échelle du bloc concernant l'accès des jeunes enfants aux réseaux sociaux, suite à la recommandation d'un groupe d'experts préconisant une mise en place progressive de contrôles adaptés à l'âge. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé cette mesure à Bruxelles le 13 juillet. Elle a déclaré que les 27 États membres ont besoin de règles communes qui tiennent compte de l'âge des enfants et des risques en ligne. La Commission prévoit de présenter des propositions concrètes après l'été. Cette annonce n'entraîne pour l'instant ni interdiction ni modification des règles d'accès actuellement en vigueur dans les États membres de l'UE.

Le groupe d'experts a recommandé que les enfants de moins de 13 ans n'utilisent les réseaux sociaux que pendant des périodes limitées, en présence de leurs parents, tuteurs ou enseignants. Il a préconisé un assouplissement progressif des restrictions à mesure que les adolescents grandissent. Les experts ont également examiné les jeux vidéo, les services de messagerie et les outils d'intelligence artificielle, en plus des réseaux sociaux traditionnels. Leur rapport portait sur les services présentant des fonctionnalités inappropriées à l'âge ou susceptibles d'entraîner une dépendance, et non uniquement sur les réseaux sociaux. Le champ d'application définitif, les tranches d'âge et les modalités d'application restent à définir. La Commission s'appuiera sur ce rapport pour élaborer ses prochaines mesures de protection de l'enfance.
Le groupe d'experts s'est réuni à trois reprises entre mars et juin 2026. Il a rassemblé des jeunes et des spécialistes de la santé , des neurosciences, de la psychologie, de l'informatique, des droits de l'enfant et de l'éducation au numérique. Ce groupe a examiné des recherches et des témoignages d'enfants et de familles à travers l'Europe. Une enquête de la Commission, publiée avec le rapport, a révélé que le cyberharcèlement et le harcèlement en ligne préoccupaient 71 % des personnes interrogées. Le harcèlement en ligne et l'exploitation sexuelle les préoccupaient quant à eux (70 %), tandis que près des deux tiers étaient favorables à une réglementation européenne de l'accès à Internet fondée sur l'âge.
L'UE envisage un accès progressif selon l'âge.
La législation européenne actuelle impose déjà aux plateformes numériques des obligations en matière de protection de l'enfance. La loi sur les services numériques exige que les services accessibles aux mineurs garantissent un niveau élevé de confidentialité, de sûreté et de sécurité. Elle interdit également la publicité ciblée auprès des enfants. Les orientations de la Commission, publiées en juillet 2025, recommandent la mise en place de comptes privés par défaut, des systèmes de recommandation plus sûrs et des outils de blocage plus performants. Ces orientations abordent également la question des contenus addictifs, du cyberharcèlement, des contacts non désirés et de l'exposition à des contenus préjudiciables. La nouvelle initiative viendrait compléter ces obligations existantes.
La Commission a également mis au point un outil de vérification de l'âge respectueux de la vie privée. Ce système est opérationnel depuis le 15 avril 2026 et les États membres peuvent désormais le personnaliser. Il permet aux utilisateurs de prouver qu'ils sont majeurs sans divulguer d'autres informations personnelles. Cette technologie peut également prendre en charge d'autres seuils, notamment la confirmation qu'un utilisateur a au moins 13 ans. Elle partage les mêmes normes techniques que les portefeuilles d'identité numérique de l'UE, dont le déploiement dans toute l'Union est prévu d'ici fin 2026.
Le Parlement a approuvé un seuil plus élevé
Le Parlement européen a par ailleurs approuvé un relèvement de l'âge minimum d'accès au numérique. En novembre 2025, les députés ont soutenu une proposition non contraignante fixant à 16 ans l'âge minimum pour utiliser les réseaux sociaux, les plateformes de partage de vidéos et les assistants vocaux. Cette proposition permettrait aux jeunes de 13 à 16 ans d'y accéder avec l'autorisation parentale. Le Parlement a approuvé le texte par 483 voix contre 92, avec 86 abstentions. Il préconisait également de limiter le défilement infini, la lecture automatique, les recommandations basées sur l'engagement et les fonctionnalités de jeu assimilables à des jeux d'argent. Ce vote n'a pas établi de règles d'accès contraignantes.
La prochaine proposition de la Commission s'appuiera sur les recommandations du groupe d'experts et sur le cadre européen existant en matière de sécurité numérique. Les autorités n'ont pas encore annoncé d'âge minimum définitif, de liste exhaustive des services concernés ni de modèle de mise en œuvre. La Commission n'a pas non plus publié de projet de loi. En attendant l'avancement de ce processus, les plateformes doivent continuer à respecter la loi sur les services numériques et les législations nationales de chaque État membre. L'annonce de juillet marque la dernière étape formelle de l'UE vers l'établissement de règles communes concernant l'accès des enfants aux réseaux sociaux et aux services numériques associés.
L’article « L’UE prépare des règles communes d’accès des enfants aux réseaux sociaux » est paru initialement sur London Dawn .
