GENÈVE, SUISSE / EuroWire / — L' Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé que l'épidémie d'Ebola liée à la République démocratique du Congo et à l'Ouganda s'est fortement aggravée, avec près de 600 cas suspects et 139 décès suspects faisant l'objet d'une enquête. Le nombre de cas confirmés reste toutefois inférieur au nombre total de cas suspects. L'OMS a précisé que 51 cas ont été confirmés en République démocratique du Congo, principalement dans les provinces d'Ituri et du Nord-Kivu, et deux cas ont été confirmés à Kampala, la capitale ougandaise, dont un décès.

L'épidémie est due à la maladie à virus Bundibugyo, une forme d' Ebola pour laquelle il n'existe aucun vaccin homologué ni traitement spécifique. L'OMS a classé l'événement comme une urgence de santé publique de portée internationale, compte tenu de la propagation transfrontalière confirmée et des cas signalés en milieu urbain. L'agence a indiqué que le risque est élevé aux niveaux national et régional, tandis que le risque mondial demeure faible.
La République démocratique du Congo a confirmé l'apparition du virus Bundibugyo dans la province d'Ituri à la mi-mai, suite à des analyses en laboratoire ayant identifié ce virus dans des échantillons prélevés sur des cas suspects. Les autorités sanitaires avaient signalé des foyers de maladie grave et des décès dans plusieurs zones sanitaires, notamment à Bunia, Rwampara et Mongbwalu. L'Ouganda a par la suite confirmé des infections chez des personnes de retour de République démocratique du Congo, étendant ainsi l'épidémie au-delà de la zone initialement touchée.
Le nombre de cas confirmés reste inférieur au nombre de cas suspects.
L’OMS a précisé que les chiffres des cas suspects sont distincts des infections confirmées et incluent les personnes dont la maladie ou le décès fait encore l’objet d’une enquête. Cette distinction est importante car les chiffres globaux reflètent l’ampleur de la surveillance et de la transmission suspectée, et non la confirmation en laboratoire de chaque cas. L’agence a indiqué que l’épidémie semble avoir circulé avant d’être détectée, ce qui a compliqué le traçage des contacts, les tests et la riposte dans les communautés touchées.
L’épidémie se propage dans l’est de la République démocratique du Congo, où les conflits, les déplacements de population et la pression sur les services de santé ont compliqué la riposte aux épidémies précédentes. Les équipes médicales s’efforcent d’identifier les chaînes de transmission, d’isoler les cas suspects, de soutenir les tests et de renforcer la prévention des infections dans les établissements de santé. L’OMS a indiqué que les cas urbains, les mouvements transfrontaliers et le diagnostic tardif figurent parmi les facteurs qui exigent une étroite coordination entre les intervenants nationaux et internationaux.
La réponse est axée sur la surveillance et les soins
Les agences sanitaires internationales et les organisations médicales se sont mobilisées pour apporter leur soutien aux autorités congolaises et ougandaises en matière de surveillance, de prise en charge des cas, d'équipements de protection et de mesures de riposte communautaires. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont émis une alerte sanitaire à destination des cliniciens et des services de santé publique, signalant l'épidémie confirmée dans la province d'Ituri et recommandant une attention particulière aux antécédents de voyage, aux symptômes et aux procédures de contrôle des infections pour les cas suspects.
Ebola est une maladie virale grave pouvant provoquer fièvre, faiblesse, vomissements, diarrhée et saignements chez certains patients. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels de personnes infectées ou avec des matières contaminées. L'épidémie actuelle diffère de celles causées par le virus Ebola Zaïre, la souche contre laquelle des vaccins ont déjà été utilisés. Les autorités sanitaires insistent sur l'importance de signaler rapidement tout cas suspect, d'adopter des pratiques de soins sûres et de coordonner les tests, tandis que les investigations se poursuivent.
L’article « L’OMS signale près de 600 cas suspects d’Ebola en RDC » est paru initialement dans l’Evening Post de Londres .
